
Quant au keffieh, il suscite de grandes réactions. Dans le bus, une vieille bigote a fait la grimace (ce pays regorge de vieilles bigotes) mais le chauffeur du car nous a emmenées jusqu’a la ville moderne de Malatya sans nous faire payer. Dans les rues, regards incrédules (des Turcs) et contents (des Kurdes). Un taxi qui passait m’a fait de la main un salut très cérémonieux et un vieux Kurde, très beau, en costume traditionnel et le tesbih a la main nous a rejoint radieux pour nous demander d’ou l’on venait et nous souhaiter la bienvenue. Je ne sais pas ce que ce keffieh signifie polititiquement, mais il est clair que les Kurdes le prennent avant tout pour une déclaration d’amour. C’est comme si on avait écrit « Em ji we hez dikin » sur nos fronts.